Sortie dominicale ou quand une escapade au zoo, se termine par un bain de pieds.

Petite une des sorties dominicales et familiales était le zoo de Lille.
Ça devait être l’été car ma sœur portait des chaussures en toile blanche. La balade avait plutôt bien commencée : la volière, le vivarium, et… L’île aux singes. Qui dit île, dit eau. Sauf que l’eau en mode zoo  n’a rien à voir avec les eaux translucides et turquoises entourant les atoll. Là, il était plutôt question d’un liquide maronnasse, stagnant à souhait à l’odeur parfois douteuse.
Les canards  absolument pas gênés par ce milieu peu attractif palmaient eux aussi en famille. A cette époque, le net et les réseaux sociaux n’avait pas encore fait leur apparition. Notre vie ne tournait pas autour des jeux vidéo, de Gulli , par conséquent, de simples palmipèdes  suffisaient à nous émerveiller, ce qui est encore le cas aujourd’hui. Que voulez-vous, nous sommes la génération 30 millions d’amis !?!  Mais reprenons.
Attirées par Saturnin et ses enfants, Milouche et moi nous sommes approchées de l’eau. Mon père nous avait pourtant prévenues : « ne vous avancez pas trop, ça glisse ». Comme pour forcer le destin et précipiter les évènements, une barrière manquait à cet endroit. Je reste un peu en retrait. Ma sœur s’avance. Nouvelle mise en garde « Emilie, tu vas tomber ». « Je fais attention papa ». Elle s’approche davantage, se tenant au reste de barrière. « Emilie… » Emilie, plouf. Ce qui devait arriver, arriva. Ma sœur venait de glisser. Mon père, ce héros, l’a retenue par le bras mais n’a pu éviter l’effet pédiluve.
Toutefois, puisque Emilie avait été sauvée in extremis de la noyade, ce fut la fête : La saint Milouche. Elle eut le droit au savon du siècle qui était plus que nécessaire, souvenez –vous la description de la pataugeoire, et à une fessée,( God save l’époque bénite où les enfants ne portaient pas encore plaintes contre leurs parents pour maltraitance après une malheureuse tape sur leur fier postérieur).
Le chemin du retour fut entre rires et larmes. Ma sœur pleurait vexée et mouillée et mon père après avoir crié, riait. Faut dire que le couinement des chaussures à chacun des pas de Emilie, les flops, flops, flops et les traces laissées sur le bitume étaient particulièrement risibles.
 La promenade avortée, nous ne nous sommes pas arrêtés dire bonjour aux lamas, nous n’avons même pas eu le droit au clou du spectacle proposé par le parc zoologique : le « crachage » du lamas à la figure de mon père. Finalement, ce qui l’a mis le plus en colère ce n’est peut-être pas le désir de ma sœur de faire quelques longueurs, mais son soin du visage annulé.
Il n’en reste pas moins que vingt ans plus tard, mon père et moi rions encore de cette histoire et que ma sœur se renfrogne à chaque fois que nous l’évoquons.

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