L’installation de Damoclès

23 septembre, 20h30 : Réveil et retour en chambre.

Je me sens étonnamment bien, ce que je ne sais pas, c’est que ça ne va pas durer.

Du 24 septembre au 27 septembre : Bienvenue en enfer.

– La voix ? ok, je parle, je parle même bien.

– L’hématome ? Esquivé !

– Mal de gorge ? Présent, agréablement supportable.

– Migraine ? Migraine ? Quelle migraine ? Elle n’était pas prévue au programme cette migraine ! C’est une invitée de dernière minute et elle a su s’imposer. Puissance 10000. A me claquer la tête contre un mur. A avoir des nausées. A m’empêcher de me lever, de m’alimenter. Je ne supporte ni bruit ni lumière. Pendant 4 jours non stop. Je crois ne rien avoir vécu de pire. A côté, l’accouchement est un promenade de santé, une petite coupure avec une feuille de papier.

4 jours, c’est le temps qu’il a fallu aux infirmières pour trouver le médicament qui allait me soulager. J’en ai pleuré.

– Les parathyroïdes ? En grève ou disparues. L’anapath nous le dira.

– La calcémie ? En berne. Bonjour les fourmillements aux extrémités !

– La cicatrice ? Appelez-moi Sir Nicholas.

Tout le monde la trouve parfaite. Perso, je la trouve énorme, gonflée, tuméfiée, effrayante. On m’a littéralement tranché la gorge. Sur 15 bons centimètres. C’est horrible et ça fait très peur. Je me sens défigurée ou plus exactement « dégorgée ». On a atteint à mon intégrité physique. Pour le moment, je ne parviens pas à me projeter, je n’arrive pas à me dire que dans quelques mois, dans quelques années, cette balafre ne sera plus qu’une mince (mais longue) ligne presqu’invisible.

– Fatigue ? Non ! Épuisement. Le terme « burn out » a été prononcé par l’équipe médicale mais je me suis renseignée et ça ne peut pas être cela. Par contre, c’est clairement une mise en garde. Des années que je répète que je suis fatiguée, il semblerait que ce soit plus profond, au delà de la simple fatigue. Je suis exténuée. Pendant l’hospitalisation, mon corps a dit « stop ». J’ai dormi 20h sur 24h.

Et devinez quoi ? Je suis toujours crevée !

– Poids ? J’ai un magnifique summer-body qui me sera tout à fait inutile en cette saison. Je dois ces 55 kg à mon incapacité à me nourrir pendant plusieurs jours, car cela était trop éprouvant et que je n’en avais pas la force. Vous voyez le cercle vicieux ? Trop faible pour m’alimenter. Pas assez alimentation pour reprendre des forces.

Dimanche 25 septembre : Passage éclair de mon Loulou. Il fallait que je le vois et que je lui explique la situation puisque, n’oublions pas, j’essaie censée rentrer la veille. Il a été incroyable : doux, attentionné, empathique et calme ! Il était très impressionné par la perfusion et la cicatrice. L’inquiétude se lisait sur sa bouille. Mais il a été parfait. L’avantage de cette hospitalisation est que je suis passée en première position sur sa liste parce que « quand même je suis sa maman, la personne la plus importante dans sa vie et qu’il est inquiet pour moi ». Il faut que j’en profite car dés que j’irai mieux, je reprendrai ma 5é place après Doudou, Mamie, Pikachu et Titoune car oui, je passe même après le chat ! Mais bon, tant que je ressemblerai à Nick quasi-sans-tête, je serai prem’s !

Mardi 27 septembre : la calcémie est stabilisée grâce aux nombreux comprimés que j’ingurgite à longueur de journée et l’affreuse migraine a cessé de me torturer. Donc back to home pour une longue sieste.

Fin de journée ? Retrouvailles avec mon Loulou !!! Qu’il est bon de retrouver ses yeux rieurs, son sourire et ses joues moelleuses. Nous avons fait le plein d’amour.

Ma maman est là, je peux me reposer sans culpabiliser.

Mercredi 28 septembre : disparition de la voix. C’était trop beau pour être vrai.

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