La chute et l’acharnement de Damoclès

3 octobre : début de la rééducation des cervicales qui ont été malmenées pendant l’intervention.

6 octobre : début de la rééducation des cordes vocales. Je peux parler environ 5 mn normalement, puis ma voix passe dans les aigus avant de s’éteindre complètement. Il paraît que je vais devoir réapprendre à respirer car j’ai mis en place une respiration de secours (que c’est étonnant!) et qu’elle ne me permet pas de parler.

13 octobre : 1er rdv post op avec la chirurgienne.

Résultats de l’anapath de la thyroïde, des nodules et des 22 ganglions. Seuls la thyroïde, les nodules et 9 ganglions sont cancéreux. Il paraît que c’est une bonne nouvelle. L’humour des chirurgiens… La vraie bonne nouvelle est l’absence des glandes parathyroïdes dans l’analyse. Cela signifie qu’elles sont en grève ou en vacances mais elles sont là. Par conséquent, dés qu’elles auront l’obligeance de bien vouloir se remettre à fonctionner, ma calcémie devrait aller mieux.

10 jours plus tard : Je suis peut-être parano, mais il me semble que ma nuque a gonflé. Je ressens des difficultés à respirer et à parler. L’orthophoniste fait le même constat : j’ai un oedème.

27 octobre : 2é rdv post op avec la chirurgienne. J’enlève mon écharpe et : « Mais qu’est-ce que c’est que ça encore ?! ». Je n’étais donc pas parano. Tentative de ponction. Echec. Les oedèmes sont courants dans ce type d’intervention. Ils apparaissent souvent dans la semaine qui suit l’intervention. Mais pourquoi faire comme tout le monde quand on peut faire différemment ? C’est tellement plus amusant !

27 octobre 14h : échographie en urgence. Il y a bien du liquide. Je dois attendre que le week-end passe pour voir comment cela évolue.

31 octobre : 3é rdv post op. Le liquide a décidé de s’installer confortablement. La chirurgienne me fait une ponction avec anesthésie locale.

17 novembre : rdv avec l’endocrinologue afin de faire un point et d’évoquer l’irathérapie.

Echographie de contrôle, histoire de vérifier que des ganglions n’ont pas joué à cache-cache pendant l’opération. Il en reste mais ils sont à ce jour insignifiants.

Tiens une tâche. Je dois refaire une échographie dans 3 semaines car même si ce n’est pas inquiétant (l’endocrinologue et les autres médecins qu’elle a appelés l’ont tous dit), j ai un truc dans le cou de 5 cm qui ne devrait pas y être.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Là je sature des trop nombreux rebondissements qui sont certes bénins mais qui n’ont pas lieu d’être.

J ai 40 ans, un cancer et je suis épuisée. Si je dois passer ma vie à travailler, je ne veux faire que ce que j’aime.

J ai besoin d une pause. C’est peut être un cancer qui n’est pas grave, mais il est éprouvant . J’en ai ras le bol.

1er décembre : rdv avec l’endocrinologue. La tâche est toujours là mais en plus petite donc elle se résorbe. C’est sûrement les restes de l’oedème.

21 décembre : Rdv avec le centre de médecine nucléaire de Léon Bérard. L’irathérapie est programmée mi-janvier. Je vais passer quelques jours dans une chambre de plomb parce que je vais être radioactive ! Ça claque ! Au programme, petit cachet d’iode, laxatifs, gargarisme au jus de citron. J’ai hâte. Le clou du spectacle ? La scintigraphie avant d’être libérée ! Elle va permettre de voir si mon cancer est éradiqué et parce que ce serait dommage de ne pas profiter de cette merveilleuse opportunité, je vais avoir la chance de savoir sans l’avoir voulu ni même demandé si un autre cancer n’aurait pas pris ses quartiers dans mon corps si accueillant et confortable.

Ok, c’est irrationnel… néanmoins, j’ai peur du résultat. Et des laxatifs…

Et je ne vous parle pas des prises de sang quotidiennes puis hebdomadaires et maintenant mensuelles.

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